Surf

Le CIO surfe sur la vague de la jeunesse

Montréal, 23 novembre 2016 – Ambiance décontractée, plage, vagues et océan, c’est l’image qui nous vient en tête lorsque nous pensons à un des cinq nouveaux sports qui fera son entrée aux Jeux olympiques d’été de Tokyo 2020 : le surf. Discipline pratiquée aux quatre coins du globe, elle fascine par son style, son côté innovateur et son mode de vie.

Un sport qui attire les foules

Le surf est loin d’être un sport récent, il est en fait très ancien! Les habitants d’Hawaï le pratiquaient déjà lors de la découverte de ce territoire par les Anglais en 1778. Toutefois, cette discipline est devenue populaire au début du siècle dernier grâce à Duke Kahanamoku reconnu comme le père du surf moderne. Kahanamoku était un athlète hawaïen qui a obtenu cinq médailles en natation aux Jeux olympiques à Stockholm (1912), Anvers (1920) et Paris (1924).

Pourquoi ajouter cette discipline à celles déjà présentées par le Comité international olympique (CIO)? Selon le document officiel de mise en candidature des nouveaux sports du CIO, le surf, très populaire, représente une occasion d’attirer une nouvelle vague de jeunes. Un constat que partage Olivier Barrette-Laperrière, ancien surfeur de compétition, entraîneur et détenteur d’une maîtrise en kinésiologie.

« Les Jeux olympiques veulent être vraiment attrayants. La demi-lune en surf des neiges, ils l’ont incluse parce que c’était super populaire. J’ai l’impression que c’est la même chose pour le surf. Ça explose depuis des années, alors ils l’intègrent pour aller chercher un plus grand auditoire. »

Un coup de pouce pour les athlètes professionnels

Depuis l’annonce officielle de l’ajout du surf aux Jeux olympiques, les athlètes et spécialistes du milieu se sont prononcés sur la question. Est-ce une bonne nouvelle ou une mauvaise décision? Les avis sont partagés. Un point positif est l’aide financière que pourraient recevoir les surfeurs maintenant qu’il s’agit d’une discipline olympique. Plusieurs soulignent l’avantage fiscal pour les athlètes qui doivent assumer des frais élevés pour leurs entraînements, souvent à l’étranger.

« Je suis commandité par Rip Curl, mais je ne suis pas payé mensuellement pour surfer comme un professionnel. Rip Curl me fournit l’équipement et un budget de voyage et de caméra pour tourner des films, explique Barrette-Laperrière. Au Canada, des athlètes payés pour surfer, il doit y en avoir huit répartis sur la côte est et ouest. Ils ont un deuxième emploi et ne peuvent pas se concentrer juste sur ça. Un skieur qui va au Chili avec l’équipe canadienne, son billet d’avion est déductible d’impôt. En surf, ce n’est pas possible parce que ce n’était pas aux Jeux olympiques. »surfing-926822_1920

En contrepartie, même si le surf fera son entrée olympique en 2020, rien ne garantit que le sport demeure présent en 2024. Le prochain comité organisateur ne sera pas dans l’obligation de l’inclure dans son programme. Également, l’idée de déplacer la compétition sur des vagues artificielles intérieures rebute la communauté du surf en général.

« Il y a des pays qui n’ont pas de mer. Nous parlons aussi de gérer un sport créatif et c’est complexe. Actuellement, comment s’est régi, ça respecte l’essence naturelle du surf. Tu dois prendre la meilleure vague et la surfer le mieux possible pour gagner. Si tu mets des piscines à vagues, c’est beaucoup moins créatif, mais plus facile à juger. Tu vas créer un type de vague, mais ça peut désavantager d’autres athlètes qui sont habitués de pratiquer sur des rouleaux ou d’être plus avant-gardistes avec leurs manœuvres. Tout le monde avec la même vague, ça serait un peu plate », fait savoir Sébastien Langelier, professeur de surf en Amérique centrale chez Surf Expedition.

Le Québec, la nouvelle destination du surf?

Surfer au Québec, même si nous sommes à des centaines de kilomètres de l’océan, est-ce possible? Oui, sur les rivières et dans les centres intérieurs. Il est surprenant d’apprendre que ce sport jouit d’une très grande popularité dans la province. Or, pour les adeptes, il n’y a aucune surprise.

« À Montréal, c’est presque en train d’imploser. Nous avons trois vagues, une débutante, une intermédiaire et une experte. C’est toujours plein à Habitat 67 », mentionne Julie Crépeau-Boisvert, directrice générale de la Fédération québécoise de canoë-kayak d’eau vive (FQCKEV).

Il est possible de faire du surf de rivière à différents endroits dans la région de Montréal, notamment sur le fleuve Saint-Laurent à la Vague à Guy, derrière Habitat 67 ainsi que sur les rapides du secteur de Chambly. Également, le SurfShack spot de Sept-Îles permet une pratique automnale. En rivière, il est possible d’en faire plusieurs mois par année, tant que la glace ne s’est pas installée sur les berges. Ailleurs au pays, les adeptes peuvent s’y adonner à Halifax ou à Tofino, sur la côte ouest de l’île de Vancouver.

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Quant à l’aspect fédératif du sport, il existe une Association canadienne de surf, mais au Québec, tout est à construire. Mme Crépeau-Boisvert annonce que la FQCKEV prendra désormais le surf sous son aile. « Nous sommes sur le projet depuis cinq ans. Nous ne visons pas seulement les Jeux olympiques. Il n’y a pas d’entraîneurs certifiés du Programme national de certification des entraîneurs (PNCE), mais il y a des moniteurs. Est-ce qu’on bâtit quelque chose de complexe pour un sport qu’on ne sait pas s’il va rester aux Jeux olympiques? S’il y a des gens du milieu qui sont bons et qui ont du temps, ça pourrait profiter à ceux qui veulent en faire. »

Tokyo 2020, un défi de taille

Bien que les techniques de surf de rivière et d’océan sont différentes, apprendre sur les cours d’eau du Québec est ce qui se rapproche le plus du surf de mer selon Hugo Lavictoire, président et directeur général de Kayak sans frontière (KSF). Toutefois, comme le surf de rivière à ses limites, les Québécois qui espèrent se qualifier pour Tokyo 2020 n’auront d’autre choix que de voyager pour s’entraîner en mer. Les spécialistes s’entendent pour dire que rien ne remplace les sensations de surfer une vague océanique.

« Actuellement, si on veut envoyer un Québécois pour 2020, nous devons prendre quelqu’un qui a déjà beaucoup d’expérience, l’entraîner le plus possible physiquement et l’envoyer le plus souvent sur des vagues d’océan. Je pense que de seulement qualifier un Québécois dans l’équipe canadienne serait un exploit. C’est une mission que nous devons nous donner », croit l’entraîneur Olivier Barrette-Laperrière.

Hugo Lavictoire enchaîne en expliquant qu’il faut plusieurs années de travail pour faire sa place sur le circuit international.

« Je crois que la clé est de naître là-dedans ou de commencer très jeune. Ceux qui arrivent sur le circuit professionnel ont 18 ans et ils ont fait ça toute leur vie. Un jeune de 15 ans qui décide aujourd’hui, ça va lui prendre 10-15 ans se rendre là. Plus tu commences tard, moins tu as de chances. »

Si jamais un Québécois ou Canadien réussi à se qualifier pour les Jeux de 2020, il devra se mesurer aux grandes sommités du surf : les Hawaïens, Floridiens, Californiens, Australiens et Brésiliens. « Ça va peut-être donner le goût aux jeunes Canadiens de s’entraîner et d’y rêver. Ça va être très difficile de surfer 12 mois par année, mais ils trouveront peut-être des façons alternatives de pratiquer leur sport et de voyager beaucoup. Si un jour nous avons les moyens financiers de les amener ailleurs, nous aurons peut-être un Canadien aux Jeux olympiques », conclut Hugo Lavictoire.

Le Surf aux Jeux olympiques

Lieu

La compétition devrait se dérouler en océan, sur des vagues naturelles. Deux jours seraient prévus pour tenir l’ensemble des qualifications, demi-finales et finales. Une marge de manœuvre devrait être établie advenant le cas que les conditions météorologiques ne soient pas favorables à la présentation des épreuves.

Format

Une ambiance de « festival de plage » serait la formule choisie pour la compétition de shortboard féminin et masculin aux Jeux de Tokyo. Il y aurait 20 athlètes dans chaque volet.

Système de notation

L’athlète féminin et masculin qui remporterait le premier titre olympique de l’histoire du surf serait celui qui gagnerait le plus de points en chevauchant les vagues. Les juges noteraient le degré de difficulté, la hauteur des mouvements aériens, l’inventivité, l’innovation, la qualité, le contrôle et le nombre de figures réalisées. Les deux plus hauts pointages de chaque surfeur des épreuves en temps limité seraient additionnés pour déterminer le gagnant.

Espoir canadien

Le Britanno-Colombien Peter DeVries, six fois champion du Rip Curl Pro de Tofino

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